Docteur François Dunan
1884–1961
Le docteur François Jules Dunan est né à Nice le 28 février 1884, où il vécut jusqu'à la fin de ses études secondaires. Issu d'une vieille famille niçoise, son père Jean-Baptiste était négociant en vin.

1902-1910
En 1902, il débute ses études de médecine à Lyon puis entre à la faculté de médecine de Paris. En 1904, après son service militaire, il reprend ses études et devient l'élève du professeur Henri Roger, doyen de la faculté de médecine de Paris. Il s'intéresse plus particulièrement à la tuberculose et aux glandes de sécrétion interne. Ses travaux sur la maladie du bronzé (aussi appelée maladie d'Addison) lui valurent en 1909 le prix Corvisart et son ouvrage sur le rôle de l'hypophyse dans la nutrition et la maladie le prix Behier en 1910.
1914-1918
La guerre l'oblige à terminer rapidement ses études. Il est mobilisé le 2 octobre 1914 comme simple soldat. Médecin militaire auxiliaire à compter du 14 septembre 1915, le docteur François Dunan, après diverses affectations, est volontaire pour le front. Il sert au 347e régiment d'infanterie dans l'Argonne. En septembre 1917, il est envoyé en Roumanie. À la suite de cette mission qui s'achèvera fin février 1918, il se verra décerner la médaille d'honneur des épidémies, fait chevalier de l'Étoile de Roumanie à titre militaire et recevra la Regina Maria, la médaille des épidémies roumaines. Le docteur François Dunan poursuit dans diverses affectations : Angleterre, Norvège, Suède, Finlande et Russie.
1918-1920
Après l'armistice, il se porte volontaire pour la commission française de rapatriement des blessés français en Allemagne. De décembre 1918 à février 1919, il contribue au rapatriement de 24 417 prisonniers par le Danemark. Le 31 décembre 1919, il est libéré de ses obligations militaires et reprend ses activités médicales à titre civil. Le 26 août 1920, au titre de la commission de rapatriement, le roi des Belges le fait chevalier de l'ordre de la Couronne.
1928
Ayant pris goût aux voyages lors de ses missions du temps de la guerre, il signe avec le territoire de Saint-Pierre et Miquelon un contrat comme médecin civil. Le docteur François Dunan arrive à Saint-Pierre et Miquelon le 20 octobre 1928 et exerce une première année à Miquelon, puis s'installe à son compte durant trois ans à Saint-Pierre.
1933-1939
Réintégré dans l'administration en 1933, il retourne à Miquelon jusqu'en 1936, puis revient à Saint-Pierre. Jusqu'à ce qu'il puisse s'acheter une voiture, le docteur Dunan effectue ses visites à pied, car il n'y a pas de voiture de fonction. Le service d'ambulance (un abri sur un traîneau à cheval) ne commence qu'à la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, il reçoit plusieurs marques de distinction :
- il est fait chevalier de l'Étoile noire du Bénin le 5 juillet 1934 ;
- le 12 juillet 1937, par décret, il est promu au grade de médecin-capitaine dans la réserve du service de santé des troupes coloniales ;
- le 12 août de cette même année, il est nommé chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur à titre civil.
1940-1950
Il épouse, le 23 janvier 1940, Paulette Lescoublet (fille de Paul Lescoublet, commerçant de Saint-Pierre). De leur mariage naîtront Francesca le 18 janvier 1944 et Jean-Paul le 11 août 1948. En mars 1942, le docteur Dunan repart à Miquelon pour une nouvelle affectation « provisoire » de trois mois. Il y restera en fait huit ans.
1957-1961
Le 16 mars 1957, il est fait chevalier de la santé publique. Il revient à Saint-Pierre pour y reprendre la direction, en juin 1958, du centre médicosocial et y remplir les fonctions de médecin-inspecteur des écoles. Il s'occupe aussi du sanatorium. C'est le début de la vaccination antituberculeuse. Ses fonctions l'amènent à faire partie de nombreuses commissions : la commission de contrôle des soins médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques, la commission administrative du bureau de bienfaisance.
Durant les 33 ans qu'il exercera dans notre archipel, il n'en sera absent en tout et pour tout que cinq mois, la première fois après dix ans de séjour, la seconde en 1959. Il poursuivra ses activités médicales au-delà de l'âge de la retraite et, après une chute dans un escalier de l'hôpital, meurt le 7 novembre 1961.
1992
Depuis le 9 novembre 1992, l'hôpital de Saint-Pierre porte son nom.

- 1er rang
- Mère Odile, le docteur Dunan, le docteur Salün, le médecin résident M. Démarais, Mère Allain
- 2e rang
- Andrée Renou Girardin, Marguerite Disnard Borotra, l'infirmier chef Jean Danchise, Marie Thérèse Lassalle, Léone Poirier Coste
- 3e rang
- Ella Lechevallier Girardin, Raymonde Brisset, Yolande Telletchéa, Madeleine Salomon
- 4e rang
- Jules Agesse, Georges Dagort, Ernest Petitpas, André Disnard, René Yon
Source : famille Dunan et L'Écho des Caps n° 140 de janvier 1985.
Honneurs et médailles
Durant sa vie professionnelle, le docteur Dunan a reçu de nombreuses distinctions. En voici quelques-unes ; chaque document s'ouvre en PDF.




